Ils m'ont contaminée : le scandale des infections nosocomiales

Un jour de décembre 1991, Béatrice Ceretti, 29 ans, mère de deux enfants,
entre à la Clinique du Sport pour être opérée d'une hernie discale.
«Deux jours d'hospitalisation et on n'en parle plus...», lui a-t-on assuré.
En réalité, cette intervention «bénigne» sera suivie de treize années de
calvaire. Sur place, Béatrice a en effet été contaminée par une bactérie, le
xenopi , qui a attaqué ses vertèbres, la paralysant peu à peu. Une infection
qui ne sera prise au sérieux qu'après un incroyable périple médical et
personnel.
Voici le cri de colère d'une femme, un «J'accuse» à l'adresse de ceux qui
lui ont volé sa jeunesse. Elle y dénonce l'incompétence des «spécialistes»,
le cynisme des responsables de la clinique, l'impéritie des pouvoirs publics
et l'aveuglement de ceux qui n'ont pas su - ou pas voulu - croire à sa
souffrance.
Béatrice évoque aussi l'enquête «policière» à laquelle a dû se livrer son
mari, Alain-Michel, pour qu'éclate la vérité sur cette douloureuse affaire -
soixante personnes ont été contaminées - et que soient connus les vrais
chiffres relatifs aux infections «nosocomiales», c'est-à-dire contractées à
l'hôpital ou à la clinique.
Un témoignage poignant sur un fléau qui tue chaque année en France dix
mille personnes.
Au sein de l'association Le Lien, qu'ils ont fondée en 1998, Béatrice et
Alain-Michel Ceretti poursuivent leurs efforts pour venir en aide aux
victimes, lutter et informer le public sur les ravages des infections
nosocomiales.