L'Europe et la lutte contre la piraterie maritime

Si le phénomène de la piraterie maritime est ancien, il connait depuis quelques années un
renouvellement considérable, tant par son ampleur géographique que par ses modalités
d'expression toujours plus complexes. Ainsi la lutte contre cette «piraterie contemporaine» se
charge de nouvelles ambitions et appelle un ensemble de traitement très différenciés, traditionnels
de type civil et militaire, mais aussi renouvelés et d'ordre structurel, visant à l'élimination de ses
causes profondes, politiques, économiques et sociales.
Tel est bien l'objet de l'approche globale de la lutte contre la piraterie maritime qui se réclame de
l'approche holistique de la sécurité et qui est prônée désormais par les grandes organisations
internationales, notamment l'ONU. L'Union européenne, contrairement à l'OTAN, semble
disposer, à priori et pour la mise en oeuvre de cette nouvelle approche, d'atouts incontestables.
Elle est en effet en mesure de mobiliser avec efficacité nombre de ses politiques, de sécurité et
de défense commune (PSDC), de coopération au développement, de liberté de sécurité et de
justice, des transports, tout en promouvant ses valeurs et notamment le respect des droits l'homme.
Néanmoins, toujours confrontée aux faiblesses structurelles qui caractérisent son système d'action
extérieure particulièrement schizophrénique, et dans le cadre duquel les Etats membres
surveillent jalousement leurs prérogatives nationales, l'Union peine, dans cette lutte contre la
piraterie contemporaine, à maintenir la cohérence de ses ambitions et de ses moyens et la lisibilité
internationale de son action.
Valeur inégalée de l'approche globale de l'Union et de ses Etats membres ou récurrence dramatique
du syndrome du «Gulliver empêtré» dans l'action labyrinthique qui est la sienne en matière de
lutte contre la piraterie maritime ? ... Tel aura été le fil d'Ariane déroulé dans cette publication
par ses directeurs et l'ensemble de ses contributeurs.