Les fraises de Grouchy ou Les secrets de la défaite de Napoléon à Waterloo

«Blücher, c'était Grouchy».
À prononcer cet hémistiche, la France, l'Empereur et Victor
Hugo en eussent été couverts d'une gloire éternelle.
À 19 h 15, en ce 18 juin 1815, sur le champ de bataille de
Waterloo, la Garde impériale conduite par le dieu des batailles en
personne enfonçait le centre anglais. Et Wellington suppliait
«Blücher ou la nuit» de lui venir au secours. Surgissait alors le
général Gérard, divisionnaire de Grouchy, dans le dos des
Prussiens engagés contre le flanc droit de l'armée de Napoléon.
Stupeur !
Waterloo, victoire totale ! Contre Anglais et Prussiens
réunis au même festin du triomphe impérial.
Hélas ! Trois fois hélas !
À la même heure, à la place de Gérard, Blücher inonde le
champ de bataille de ses hussards de la mort et pénètre en coin
dans l'aile droite française.
«Grouchy, c'était Blücher». L'hydre de la débâcle !
Pourquoi un tel retournement de situation ? Comment une
bataille gagnée à 7 heures peut-elle être perdue une demi-heure
après ?
Voilà ce à quoi cet ouvrage va tenter de répondre, s'attachant
à la personnalité des belligérants, à leurs motivations pas
toujours avouables, aux erreurs commises, bien sûr ; aux circonstances
même, dont la conjonction n'aura jamais cessé d'être
favorable aux Anglais et aux Prussiens.
Comme un engrenage fatal !