Des/illusions : l'expérience de l'analyse, quand les illusions se lèvent : actes du colloque du Cercle freudien, Paris, les 3, 4 et 5 octobre 2014

Des/illusions : l'expérience de l'analyse, quand les illusions se lèvent : actes du colloque du Cercle freudien, Paris, les 3, 4 et 5 octobre 2014

Des/illusions : l'expérience de l'analyse, quand les illusions se lèvent : actes du colloque du Cercle freudien, Paris, les 3, 4 et 5 octobre 2014
Éditeur: L'Harmattan
2015254 pagesISBN 9782343057286
Format: BrochéLangue : Français

Au cours de son séminaire de 1959/1960, L'éthique de la psychanalyse , Lacan

propose une version de ce que serait la visée d'une analyse : «guérir le sujet

des illusions qui le retiennent sur la voie de son désir» (11 Mai 1960).

Cette formulation oppose illusions et désir. Elle peut paraître paradoxale :

le désir ne s'exerce pas sans le fantasme ; paradoxale et a priori contradictoire

puisque l'expérience de l'analyse nécessite une croyance : la supposition

d'un savoir, indispensable pour que s'institue la scène du transfert. Sur cette

scène pourront s'actualiser les ombres, les imagos, les scénarios, les fictions,

les leurres, sans oublier les semblants, qui captent et captivent le désir. Autant

de déclinaisons de l'illusion dont l'usage et la spécificité méritent d'être

précisés. Entre illusion et désillusion se produit la levée du refoulement, mais

l'expérience ne s'achève - c'est ce que soutiennent les analystes - qu'avec la

levée de l'illusion initiale, celle qui donne lieu au transfert et aux désillusions

en chaîne.

Plurielle, et en même temps singulière, la désillusion inhérente à l'analyse ne

laisse cependant pas l'analysant dans l'errance, ni dans la mélancolie. Est-ce parce

que l'expérience ménage un reste d'illusion, irréductible ? Est-ce à partir de ce

reste (autre nom du «savoir y faire avec le symptôme» dont parle Lacan ?)

que peut se relancer le désir, fût-il désir de l'analyste ? Illusion est un terme très

connoté de résonnances religieuses dans le vocabulaire de Freud. Mais il est aussi

référé à la dynamique du désir : «Nous appelons illusion une croyance, quand,

dans la motivation de celle-ci, la réalisation du désir est prévalente». L'emploi

qu'en fait Lacan dans le contexte de son séminaire l' Éthique laisse entendre la

perspective athée dans laquelle lui se situe. Reste à interroger ce qui pour nos

analysants et pour chacun de nous, vient renforcer, bien plus que remplacer,

les religions traditionnelles pleines d'avenir. On peut ici énumérer toute une

série d'illusions spécifiques de notre postmodernité techno-scientiste. De la

transparence intégrale à la communication exempte de malentendu, sans oublier

la vie éternelle ici-bas, elles mériteraient d'être envisagées de façon précise.

Il s'agirait de repérer de quelle façon elles entretiennent la méconnaissance en

occultant la division du sujet, mais également de saisir comment le discours

analytique permet d'opérer la réduction de ces formes actuelles de l'illusion qui

retiennent le sujet, et même lui barrent, la voie de son désir.

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