Mes vérités : entretiens avec André Parinaud

Elle aimait les chats, l'imparfait du subjonctif et les «r» qui roulent.
Toute sa vie, Colette aura livré bataille pour être et rester «la
femme la plus libre du monde», selon Mac Orlan. Le 3 août 1954,
elle s'éteignait dans le «lit-radeau» de son appartement parisien.
L'auteur de Chéri et des Apprentissages a porté sur le monde un nouveau
regard, assez fort pour imposer un style à la fois classique et
singulier, que Cocteau se plaisait à comparer à celui de La Fontaine.
Ses romans, de la série des Claudine aux oeuvres autobiographiques,
en passant par le sulfureux Blé en herbe , ont séduit un public toujours
plus nombreux, pour lequel elle est restée la veilleuse solitaire du
Palais-Royal et de la Treille muscate, la Madone aux chats et la
librettiste de Maurice Ravel.
En 1949, André Parinaud réalise une série d'entretiens radiophoniques
avec une Colette en verve. À cette époque, de nouveaux
personnages - Sido, Julie de Carneilhan - ont remplacé Claudine,
«la vagabonde» et «l'ingénue libertine». Mais l'auteur de La Chatte ,
au zénith de sa célébrité, n'écrit plus guère. Elle évoque ici tout
cela, ses rencontres littéraires, mais aussi l'amour - «sentiment qui
n'est pas honorable» -, son pays natal, la Bourgogne, et son amour
de la nature, l'une des clés de son oeuvre.
Cette nouvelle édition s'augmente d'un entretien inédit, où Colette
évoque Anna de Noailles et Marguerite Moreno.