Agenda de la pensée contemporaine, n° 21

«Nous étions partis de ce constat simple : il y a de moins en moins de
place, en France, pour présenter les livres de pensée et en débattre
publiquement. [...] Si nous traitons principalement des livres, c'est que
nous considérons qu'ils sont les chantiers où se trame et se communique
le travail discret, ardu, têtu, solitaire et solidaire à la fois, de la pensée. [...]
La guerre d'escarmouche que l' Agenda a engagée contre la lassitude ne
fait, à vrai dire, que commencer.»
François Jullien
«Les signes sont des états mentaux, les signes sont des impressions,
même lorsqu'ils ne sont pas actualisés en une réalité sonore physique.
Et c'est pourquoi la poésie est la première linguistique possible, le
poème étant le discours qui fait entendre le signe, qui fait la langue
présente.» F. Kerleroux
«La "science politique ancienne" n'a que des avantages, sauf à devoir
rendre compte d'expériences qu'elle n'a pas connues : elle présente la
juste articulation entre le théorique et l'empirique, elle est réellement
une science, puisqu'elle est capable de fonder "en raison" ou plutôt "en
nature" ses propres énoncés, et elle est réellement politique puisqu'elle
met tout l'accent sur le gouvernement des hommes.» P. Raynaud
«Penser le sujet de la pitié, c'est penser un sujet "transpassible" ouvert aux
transactions : un sujet de la transaction sensible qui n'est ni totalement en
lui dans la résolution, ni totalement hors de lui sous la coupe du visage
de l'autre. En d'autres termes, il faut que du "comme" entre dans sa
subjectivité. / Ce "comme" commande l'histoire de la pitié. Les aventures
d'une préposition ont permis de l'écrire : le "syn" de la sym-pathie , le
"cum" de la com-passion , le "mit" de la Mit-leid. Que peut bien signifier
"souffrir avec" ?». M. Rueff