Intelligence économique et veille stratégique : défis et stratégies pour les économies émergentes : actes de la rencontre internationale de Tétouan, du 25 au 27 novembre 2004

Le concept d'intelligence économique est-il opérationnel pour répondre
aux défis auxquels font face les économies émergentes dans le nouvel
environnement concurrentiel produit par la mondialisation ?
C'est à cette question que des spécialistes ont tenté de répondre au cours d'une
rencontre internationale qui s'est déroulée à Tétouan en novembre 2004.
Il faut voir dans ce concept un prolongement de l'économie de la connaissance,
qui elle-même indique un dépassement de la fonction de production classique : la
concurrence entre firmes se déplace de plus en plus en amont, vers la conception
des produits et des procédés, là où les découvertes et leur exploitation peuvent
donner un avantage concurrentiel durable aux premiers venus. L'autre relève de
l'économie de l'information. Ce mouvement implique la mobilisation importante
de ressources, notamment en formation, et en capital humain, pour pouvoir
dominer ces connaissances. Les économies émergentes peuvent-elles s'engager
dans ce mouvement, réaliser des raccourcis en accumulant les savoirs, les
expériences qui les rendent capables de se mesurer avec ce qui se fait dans les
économies avancées ? Il subsiste des pesanteurs structurelles évidentes en dépit
des moyens mobilisés. La domination des nouvelles technologies de l'information
et de la communication par les nations développées et les grands groupes
industriels induit-elle le même type de hiérarchisation des systèmes productifs,
assignant une place spécifique aux économies émergentes, ou bien, au contraire,
laisse-t-elle ouverte des «fenêtres d'opportunités» aux économies émergentes qui
ont su se déplacer vers l'amont, sur des segments précis, là où on produit la
connaissance ? Ces économies ne restent-elles pas des prestataires des grandes
firmes occidentales, dans une relation de sous-traitance et dans le meilleur des cas
de co-traitance ? Les connaissances accumulées, dans ce sens, contribuent-elles à
engendrer des externalités positives, à endogénéiser des savoir-faire induits par
la coopération industrielle ? Telles sont les questions centrales auxquelles des
chercheurs, des experts et des opérateurs publics et privés ont tenté de répondre.