L'épopée cathare. Vol. 2. L'Inquisition

Vingt ans de guerre ont agrandi le domaine royal, mais n'ont
pas éteint l'hérésie. En 1229, elle est plus forte en Languedoc
qu'elle ne l'était en 1209... Alors Rome organise un nouveau mode
de répression de ce christianisme dissident qu'est le catharisme :
l'Inquisition, confiée à l'ordre des Dominicains, fondé à Toulouse
par saint Dominique (mort en 1221), qui s'était voué à la lutte
contre l'hérésie par la prédication. Instituée en 1229, l'Inquisition
s'instaure véritablement en 1234. A la persécution répond vite une
résistance qui maintiendra clandestinement, pendant un siècle
encore, la religion interdite. L'assassinat des inquisiteurs, en 1242,
entraîne le siège du quartier général de l'Eglise hérétique,
Montségur, qui tombe en mars 1244, et où l'armée du sénéchal de
saint-Louis livre aux flammes plus de deux cents cathares, hommes
et femmes, qui ont refusé d'abjurer.
Mais contrairement à une idée trop souvent reçue, la chute
de Montségur n'a pas marqué la fin du catharisme en pays d'oc :
s'ouvrit alors le volet le plus méconnu de son histoire ; histoire d'un
clergé traqué, décimé par les bûchers, mais obstiné à prêcher en
cachette et à donner, par l'imposition des mains, son unique
sacrement, le baptême du Saint-Esprit ; histoire d'une société de
fidèles inexorablement déstabilisée par les enquêtes inquisitoriales,
par les emprisonnements, par la confiscation de ses biens et surtout
par la délation.
Cette «chasse aux sorcières» va durer 85 ans, jusqu'aux
derniers bûchers allumés en 1329 pour les derniers «croyants».
C'est cette période que relate Michel Roquebert dans le second
tome de L'Epopée cathare.
Derrière les pathétiques figures de tant de ministres et
d'adeptes de la religion interdite, que quelque 7000 interrogatoires,
sentences et documents divers permettent d'arracher à l'oubli, se
profilent les hautes statures de ceux qui, tirant les ficelles de ce jeu
impitoyable, réglèrent la question cathare : de grands rois, de saint
Louis à Philippe le Bel ; de grands papes, d'Innocent IV à Boniface
VIII et Clément V ; de grands inquisiteurs, de Bernard de Caux
à Jacques Fournier, futur pape Benoît XII, et à Bernard Gui.