Arithmétique politique dans la France du XVIIIe siècle

Sous de multiples angles, le présent ouvrage étudie ce
moment décisif de la construction des mathématiques sociales
en France, identifié par l'expression problématique
d'«arithmétique politique française». Problématique déjà,
en ce que doit être interrogée l'existence même d'une spécificité
de la situation française par rapport principalement
à l'arithmétique politique anglaise et à la statistique descriptive
allemande, mais aussi aux travaux italiens ou suédois.
Problématique ensuite, parce que derrière l'apparente
homogénéité d'un courant de pensée unitaire se cache en
réalité une diversité de méthodes, d'objets, de fonctions
attribués à l'entreprise de mathématisation du social.
Interroger cette diversité et cette hétérogénéité des pratiques
susceptibles d'être mises au compte d'une «arithmétique
politique française», c'est éclairer les enjeux et
les difficultés de la relation entre le pouvoir et le savoir
mathématisé - aujourd'hui constitué en disciplines distinctes
: démographie, statistique, économie -, c'est également
faire le point sur l'application de certaines techniques
de comptage à la connaissance des sociétés humaines,
enfin parcourir à nouveau un moment important de l'histoire
de la statistique.