Le dormeur du val

Le 29 octobre 1979, Robert Boulin, ministre du Travail du
gouvernement Giscard d'Estaing, est retrouvé mort dans un
étang de la forêt de Rambouillet. Avant même que l'enquête
ne commence, les autorités concluent à un suicide par noyade. Dans
un premier temps, la famille Boulin leur fait confiance, mais elle
s'interroge bientôt devant les incohérences accumulées : le cadavre
gisant dans cinquante centimètres d'eau ; les traces de lien aux poignets ;
le visage tuméfié, cabossé, et l'énorme hématome derrière le crâne ;
les preuves du déplacement du corps après la mort ; sans compter la
lettre «posthume» qui a toutes les apparences d'une grossière contrefaçon
; les témoins que l'on ne juge pas utile d'auditionner, ou
encore les scellés qui, mystérieusement, disparaissent les uns après
les autres quand la famille demande qu'ils soient analysés.
Soixante-dix-sept anomalies, en tout, figurent au dossier pénal.
Insuffisant aux yeux du procureur général de la cour d'appel de
Paris qui annonce, en juin 2010, son refus de rouvrir l'enquête... et
indique en même temps que des pièces capitales ont disparu du
dossier, une fois de plus, une fois de trop.
Après trente ans de combat, Fabienne Boulin a établi l'impossibilité
du suicide. Ce livre est pour elle le seul moyen de dire la vérité
interdite sur l'assassinat de son père. Crime d'État ? Tout porte à croire,
en effet, que le ministre, qui en savait trop, devenait une menace pour
certains milieux politiques. L'affaire Boulin, qui révèle la corruption
de nos moeurs politiques, cache l'un des plus grands scandales de la
V<sup>e</sup> République.