La poésie de Stéphane Mallarmé

«... Que vous ayez de Mallarmé fait le portrait le plus véritable,
confondant ceux qui l'ont connu, ceci est déjà extraordinaire»,
écrivait Paul Valéry à Albert Thibaudet, en 1912, peu après
la parution de ce livre, le premier du futur grand critique de la
NRF. Depuis, d'autres commentateurs sont allés plus loin dans
l'interprétation que Thibaudet, avec son zèle d'exégète sans
documents, sans correspondance, sans inédits. Mais son livre a
échappé aux modes successives et aux écoles, par la rigueur de
la pensée et la compréhension intuitive dont il témoigne ; par son
style, enfin, inimitable dans son mélange de rigueur et de détente,
de précision et de fantaisie poétique. Il a conservé l'éclatante
nouveauté des jeunes idées que les grands critiques conçoivent
dans leur premier essai et que souvent, contrairement aux poètes
et aux romanciers, ils ne retrouvent plus par la suite.
Jean-Yves Tadié