Le Congo-Brazzaville à l'aube du XXIe siècle : plaidoyer pour l'avenir

Une image singulière court le monde d'aujourd'hui, celle de
l'Afrique qui «refuse» le développement. Nombre de réalités et de
fantasmes y ont largement contribué ; ils s'entrechoquent avec une telle
force, qu'il n'est plus possible de nier leur influence dans le traitement
de plus en plus coercitif, voire directif, de la part de la communauté et
des institutions internationales de ce qui est finalement devenu un vrai
casse-tête, alors que s'aggrave corrélativement la misère des
populations.
A ce titre, le Congo-Brazzaville est un exemple très édifiant.
Depuis quelques décennies, en effet, celui-ci a incontestablement
contribué à cette triste réalité, en donnant de lui-même l'image
angoissante d'un pays à la dérive, où le «refus» du développement
semble aller de soi. Une sorte d'entité hors du monde. Le poids de la
dépendance, l'échec de la transformation économique et sociale par la
rente, les errements de l'Etat postcolonial, ainsi que la faillite de l'élite
politique sont les principales raisons du naufrage, elles ont été
analysées par une abondante littérature. Un sursaut est donc nécessaire
pour rompre avec les forces d'inertie à l'oeuvre ; il passe par une
appréhension exempte de toute concession du mal congolais à l'aube
du XXI<sup>e</sup> siècle, et par la définition d'une problématique alternative,
centrée sur la bonne gouvernance et l'endogènéisation des mécanismes
de développement. A cet égard, les thèmes du territoire, de l'éducation,
de la décentralisation, de l'agriculture, de la femme, des transports ici
abordés, constituent parmi tant d'autres une bonne entrée en matière.
Chaque contributeur souligne, en filigrane, la nécessité d'un Etat
développeur. Cet ouvrage convie, en définitive, le lecteur à la
découverte d'un plaidoyer pour l'avenir, qui témoigne du devoir
d'ingérence intellectuelle des membres du Réseau Congo 21 ,
résolument déterminés à mettre en mouvement la conscience
collective congolaise face à l'enjeu du développement, et à placer
l'héritage des générations futures au coeur des préoccupations des
Congolais. Il doit être appréhendé comme un outil théorique et
pratique destiné à servir aussi bien la réflexion, la décision que l'action.