Le mésolithique en France : archéologie des derniers chasseurs-cueilleurs

Il y a douze mille ans, au X<sup>e</sup> millénaire, à l'issue de
la dernière glaciation, des conditions climatiques
plus tempérées se mettent progressivement
en place en Europe. Elles obligent les groupes humains
à toute une série d'adaptations qui leur permettent
de continuer à assurer leur subsistance par
une nouvelle économie de chasse et de cueillette.
Alors que la steppe cède le pas aux forêts
tempérées, hommes et femmes du Mésolithique
développent des stratégies d'acquisition de nourriture,
alternant nomadisme et expéditions spécialisées,
pour profiter de toutes les ressources animales
ou végétales. Leurs habitats de bord de mer
révèlent une surprenante abondance alimentaire,
qui suggère la sédentarisation de certaines
populations et leur essor démographique.
Tout un outillage en pierre, longtemps qualifié
d'«expédient» mais fort bien adapté, se met en
place, notamment pour exploiter les nouvelles
ressources végétales. Premières nécropoles, conflits
ou encore cannibalisme sont les points les plus
saillants de rapports sociaux nouveaux. Lorsque,
au VI<sup>e</sup> millénaire, les sociétés d'agriculteurs
et d'éleveurs se développeront en France, elles le
feront en synergie avec ces populations mésolithiques,
moins dynamiques du point de vue démographique,
mais très bien adaptées à tous les écosystèmes.
En se fondant sur les découvertes les plus récentes
de l'archéologie en France, cet ouvrage propose
une lecture renouvelée de ces mondes complexes
et encore trop souvent négligés.