Oeuvres romanesques complètes. Vol. 1. Histoire de Pendennis : ses bonheurs, ses déboires, ses amis et son plus grand ennemi

Surtout connu pour avoir écrit Barry Lyndon , dont le cinéaste
Stanley Kubrick a tiré une adaptation inoubliable, William
Makepeace Thackeray (1811-1863) est né dans un faubourg
de Calcutta. Il appartient à une famille de fonctionnaires
britanniques au service de la Compagnie des Indes orientales.
En 1837 commence sa collaboration, sous de multiples
pseudonymes, à divers magazines dont Fraser's, Bentley's, The
New Monthly et le célèbre Punch, où il fera paraître de février
1846 à février 1847 en une série de feuilletons hebdomadaires,
Le Livre des Snobs , qui lui assure une renommée que viendra
décisivement asseoir le triomphe de La Foire aux Vanités.
Considéré comme l'égal de Charles Dickens dans le roman anglais, il publie,
entre autres, The History of Pendennis (1848-1850), le plus autobiographique de tous ses
romans ; The History of Henry Esmond (1852), évocation de l'époque de Marlborough où
se détache l'étude, en un sens déjà freudienne, de la jalousie de lady Castlewood ; The
Newcomes (1853-1855), fresque sociale à la fois sentimentale et âpre ; The Virginians (1857-1859),
saga des aventures des descendants du colonel Esmond. Quant à ses deux séries de
conférences, Les Humoristes anglais du XVIII<sup>e</sup> siècle (1853), admirables portraits de ses
devanciers, particulièrement de Fielding, et Les Quatre Georges (1860), dénonciation
virulente de la monarchie, elles ont beaucoup contribué à sa popularité.
Trop victorien et trop intimement divisé pour ne pas se résigner aux compromis,
Thackeray s'est attaché à faire ressortir l'origine individuelle du mauvais fonctionnement
de la société, notamment le rôle essentiel de la vanité, de l'arbitraire, de l'injustice, de la
fragilité des ambitions humaines menées par l'égoïsme, le faux-semblant, et surtout les
fausses valeurs : l'argent et les titres.
Empreint d'une sorte d'ironie désabusée que les malheurs de son existence
personnelle ont aiguisée, son sens tranchant de la médiocrité de la plupart des êtres
humains, de la cruauté des conventions sociales et du rôle souterrain mais majeur de
l'argent, le conduit à une narration certes aimable, mêlant souvenirs et méditations à
bâtons rompus, mais aussi constellée, sous l'apparence de la plus parfaite civilité, de ces
traits cinglants qui sont sa marque, rare alliance de tendresse et de sarcasme, variété très
particulière d'humour qu'il a lui-même définie comme «l'esprit plus l'amour».
Histoire de Pendennis , roman aussi impressionnant et remarquable que La Foire aux
Vanités ou Barry Lyndon , n'a pas été publié en France depuis le milieu du XIX<sup>e</sup> siècle. Sa
parution constitue le premier tome de l'oeuvre romanesque intégrale à publier par les
éditions Coda.