Les Jardins de la sociale

Le XIX<sup>e</sup> siècle, celui de la révolution industrielle, de la bourgeoisie urbaine triomphante et de l'utopie sociale, n'était pas à un paradoxe près. Alors qu'un humoriste proposait de mettre la ville à la campagne, c'est celle-ci qui s'installa à la ville, insidieusement, en catimini, sous la forme des jardins ouvriers. Car les ouvriers fraîchement arrachés à leur milieu rural transporteront avec eux le rêve du lopin de terre, du légume cultivé avec amour, source de joie et d'harmonie dans le foyer. Une preuve que l'agriculture reste la plus belle conquête de l'homme depuis le néolithique. Regret du monde rural définitivement perdu, rêve d'un jardin d'Eden légumier, liens renoués avec les rythmes saisonniers, retour à une nature dispensatrice de bienfaits, il y avait tout cela chez ces jardiniers passionnés. Une recherche d'un monde meilleur loin du moloch industriel...