Deuils

Il y a du Deuil pour deuil dans ces Deuils.
De la perte réelle de son père, puis de sa mère, Fernand
Cambon s'est trouvé faire écriture. Ainsi et peu à peu,
les quinze dernières années de sa vie auront été ponctuées
de textes circonstanciés, chacun repartant chaque
fois de zéro. La mort venue, on aperçoit qu'ils ne se seront
pas succédé sans logique.
Dans les intervalles de ses traductions de Freud et de
poètes - souvent poétesses - allemands (et polonais),
chroniques et instantanés se sont déposés. Il les a longtemps
tenus secrets, ne les ayant parfois lus ou donnés
à lire qu'à ses amis.
Quand la maladie l'eut tenu éloigné de ses chères
montagnes (par lui si abondamment photographiées),
il en préleva certains dans les milliers de pages accumulées,
les composa dans un certain ordre et les fit brocher,
ultime performance, au sens littéral de ce terme, invitant
le lecteur à y mettre du sien.