La sculpture commémorative dans l'espace publoc au XXe siècle : dossier

La sculpture commémorative dans l'espace public connaît au XX<sup>e</sup> siècle des
bouleversements sans précédent. Son histoire est liée à la transgression des valeurs
artistiques établies et à l'éclatement des catégories des beaux-arts, tandis que les
désastres des deux guerres mondiales ont engendré la prolifération des monuments
aux morts souvent élaborés selon une logique traditionnelle.
Conçu en réponse au programme limitatif de la classe terminale de la série littéraire
artistique «Arts plastiques» et rédigé par Paul-Louis Rinuy, professeur
d'histoire de l'art contemporain à l'université
de Nantes, ce dossier mêle des
réflexions synthétiques à l'analyse esthétique
et historique d'oeuvres choisies dans
le patrimoine du XX<sup>e</sup> siècle.
Les difficultés de la commande publique,
voire les polémiques qu'elle a pu susciter
dès la fin du XIX<sup>e</sup> siècle avec Rodin notamment,
sont autant d'occasions de réfléchir
au rôle de l'artiste dans la cité, à la place
qu'y trouve l'art d'aujourd'hui en regard
des investissements politiques ou sociaux
dont il est l'objet. De Brancusi et Zadkine à
Jochen Gerz, Jean-Pierre Raynaud, Daniel
Buren ou Emmanuel Saulnier, la sculpture
commémorative inscrit dans la mémoire
contemporaine les marques de l'histoire
tragique ou joyeuse qu'elle célèbre, fête ou
commémore. La pluralité de ses formes et
de ses conceptions au fil du siècle matérialise
la complexité des rapports au temps
et au souvenir qui façonnent nos existences
singulières et structurent le fonctionnement
même de nos sociétés occidentales.