Crises ?

La complexité du monde contemporain contraint chacun à une
incessante lutte pour préserver l'autonomie de sa raison, de sa
critique et de son jugement. C'est pour répondre à cette nécessité
que «Échange et diffusion des savoirs» propose des rencontres
régulières avec les créateurs des idées d'aujourd'hui en philosophie,
dans les sciences de l'homme et de la société, dans les
sciences de la nature. La collection «Savoirs à l'oeuvre» restitue
les conférences prononcées dans un lieu public, l'hôtel du département
des Bouches-du-Rhône - conçu et réalisé par l'architecte
William Alsop -, cycles thématiques instituant une nouvelle
agora où la cité se dit et se réfléchit. Car c'est bien l'accès de tous
aux savoirs qui permet l'indépendance de la pensée et la liberté
du discernement. Partager les connaissances, en démocratiser
la diffusion, c'est garder et peut-être conférer enfin aux savoirs
un statut d'objet de délibération publique au coeur de l'espace
collectif.
«Crises ?» : ce titre en forme d'interrogation est
révélateur de combien le terme de «crise» - ici
volontairement pluriel - fait justement question.
Constamment invoqué, appliqué aussi bien à l'État,
l'économie, l'urbain ou à l'humain en tant qu'espèce,
il a vu son sens s'égarer dans un lacis d'imprécisions
et d'approximations.
Pris à bras le corps par les invités du 10<sup>e</sup> cycle de conférences
de l'association Échange et diffusion des savoirs,
le concept de crise est ici passé au crible de la pensée
philosophique et scientifique. Quelle(s) réalité(s)
désigne-t-il pour l'économie, la physique, le droit, la
sociologie et leurs épistémologies respectives ? Quelle
est sa pertinence pour décrire les temps particuliers
qui sont les nôtres ? Savants, chercheurs et autres
aventuriers de l'esprit livrent dans cet ouvrage le sens
de leurs travaux, de leurs recherches, de leurs inquiétudes.
Sans rajouter le moins du monde aux platitudes
voire aux sottises que les médias nous assènent avec
autorité, ils contribuent à réassigner sa fonction clarificatrice
à ce concept dont on a fait un nom commun
avec lequel, semble-t-il souvent, on embrume la chose
dont on parle plutôt que de la désigner.