Nordista, d'abyme en lumières

Nordista, d'Abyme en lumières
« Lorsque je longe la Rivière Neuve, à Calais, J'imagine de noires dentelles qui, chassées sur le canal par les années perdues, tissent d'une boucle magique une fresque enivrante sur laquelle affluent toutes les intempéries de la ville et ses lumières saisies par ma paume où se posent des baisers de sang et des regards blessés, formant de larges incrustations dans mon sommeil.
Et le mouvement d'une cité voilée de pluie, tirée de sa torpeur, hissée dans ses vagues, s'ébranle de nouveau, cadence véloce des métiers à tulle unie au fracas des tempêtes et aux enthousiasmes bridés de secrets.
Nordista, ce sont les travaux de clairvoyance du coeur et un parfum spécial, une fragrance qui ne s'évapore pas. C'est l'enfance du poète. »