Au-delà des fleuves

Originaire du Maranhâo, l'auteur de ces nouvelles évoque l'ambiance
de ce qui est une sorte de Far West brésilien avec ses
personnages truculents : bandits de grand chemin au coup de
pistolet facile, femmes résolues et capables de leur faire front,
muletiers misérables et propriétaires terriens aux dents longues.
Il y a aussi des «colonels» qui se disputent la suprématie
dans une petite bourgade et qui, tout en se répandant en rodomontades,
préfèrent régler leurs différends par la ruse. Comme
le dit Jorge Amado dans sa préface : «L'astuce l'emporte sur
l'escopette.»
Car ce qui caractérise ces textes, c'est la truculence, la violence,
mais aussi beaucoup d'humour et une fraternelle compassion
de l'auteur pour ses personnages. Leur univers est
simple comme leurs préoccupations : manger, naître, faire
l'amour, mourir, supporter la pluie, le soleil, la sécheresse ou
les inondations et garder au milieu de tout cela ce formidable
appétit de vivre.
José Sarney invente des mots. Son style a l'ampleur des
immenses paysages qu'il évoque. Le principal personnage, c'est
toujours le Brésil, avec son âme, sa langue, ses mythes et ses
réalités.