Voter : une expression citoyenne

De façon évidente, les citoyens français se sont détournés de leur
croyance dans l'utilité du vote. Comment expliquer l'augmentation
croissante de l'abstention aux consultations électorales ? Les arguments
évoqués par les «politiques» des contraintes économiques, de
la politique internationale et de la mondialisation pour justifier une
marge de manoeuvres étroite, leurs échecs ou des décisions impopulaires
ont entraîné perte de confiance des citoyens et doute sur leur
capacité à orienter la marche de la société.
Pourtant, on ne peut expliquer cette abstention par le désintérêt pour
la chose politique puisqu'en parallèle, les citoyens participent de plus
en plus aux activités associatives, aux manifestations populaires spontanées,
aux mouvements «citoyens».
Même si on considère que le droit de vote, héritage d'un long processus
démocratique, n'est plus le seul ou le premier moyen d'expression
citoyenne, d'évidence, tous les projets politiques ne sont pas
identiques.
Le désintérêt pour l'expression citoyenne par le vote entraîne un
affaiblissement de la démocratie.
Par le vote, le citoyen fait un choix politique et fait entendre sa voix.
L'abstention est, certes, révélatrice d'une opinion mais cette opinion
n'a aucune chance d'influencer l'orientation des décisions politiques.
Expliquer les règles et garanties qui encadrent le droit de vote aide à
en comprendre son importance. Voter n'est pas un acte anodin. Des
règles garantissent la liberté de choix de l'électeur, l'organisation des
candidatures et des campagnes électorales tend, pour autant que faire
se peut, vers une réelle représentation populaire. Car le vote reste le
premier moyen d'expression de la citoyenneté. C'est par le vote que
le citoyen peut directement influencer et choisir l'orientation de ce que
devra être l'action des pouvoirs publics.
Enfin, l'expression par le vote n'exclut en aucun cas toute autre manifestation
de la citoyenneté.
Cet ouvrage fait le point en 30 questions
sur le système électoral en France.