Passage Verlaine : le principe de moindre résistance

L'auteur de ce livre rare écrit - par fragments déstabilisants de culture et de simplicité, par raillerie ou contraste - une succession d'histoires (voire l'Histoire) de l'abasourdissante criaillerie actuelle... Luc, ancien entrepreneur devenu écrivain, reçoit un jour une notification qui l'informe de la mort de son grand-oncle « messianique » qui lui lègue sa grande demeure, mais lourdement hypothéquée. N'ayant pas le coeur de le refuser, l'héritage deviendra l'occasion de jauger la qualité de ses rapports au désir d'amour donné à - ou reçu de l'Autre, mais, avant tout, d'avoir à placer une annonce pour trouver des locataires afin de financer sa vie nouvelle. C'est là, avec l'entrée en scène des hordes dites rebelles, que ce récit ne nous lâchera plus. Car, ne pouvant ou ne voulant résister aux « envahisseurs » du Passage Verlaine , représentant ce grand
désordre rédhibitoire dont souffre l'Occident à l'aube de sa mutation annoncée, l'auteur choisira sa mise à l'écart dans le sous-sol de sa propre demeure. Là, à l'écoute de cette « criaillerie contemporaine », celui que le narrateur nommera lui-même le « Grabataire-Fatal » jouera avec humour et cruauté le jeu des fantasmes de ses colocataires selon un principe de « moindre résistance», que nous découvrons en même temps que lui... De l'humour, de l'amertume, de la puanteur des autres dont il s'exclut, nous sommes cahotés au plaisir de l'auteur, à la découverte d'une esthétique que nous aimerions réfuter si l'imagination, la beauté de l'écriture ne nous y faisaient adhérer...