Disputes et conflits du christianisme : dans l'empire romain et l'occident médiéval

Être pensant et imaginatif, Homo sapiens , si mal dénommé, a
toujours défendu ses idées et ses croyances avec plus de passion que
de raison. De l'an 28 à la fin du Moyen Âge, les victimes qui
périrent au nom de leurs convictions religieuses ne sont pas
dénombrables. Paradoxe et scandale, les héritiers spirituels des
premiers martyrs chrétiens se sont mués en bourreaux à l'encontre
de soi-disant hérétiques, coupables d'interpréter différemment un
message doctrinal complexe dont les mystères sont une source
inépuisable de controverses théologiques. Arius contesta le Credo
de Nicée et subit l'anathème. Les royaumes ariens (wisigoth,
burgonde, alaman, ostrogoth et vandale) succombèrent à Clovis et
Justinien, champions de la Trinité nicéenne. En Orient, les
nestoriens et les monophysites, persécutés par des Byzantins
autoproclamés orthodoxes, accueillirent avec complaisance les
conquérants arabo-musulmans. Des querelles de préséance
aboutirent à la rupture entre l'Eglise latine et celle de Byzance,
rupture que les croisades allaient aggraver. La guerre sainte prêchée
par les papes contre l'islam se heurta in fine à une autre guerre
sainte et à la victoire de Saladin. Les querelles des papes et des
empereurs germaniques, après Canossa et Venise, semblèrent
s'arranger en faveur de la papauté mais l'hégémonie de l'Eglise
catholique fut violemment contestée par une contre-Eglise cathare
que seuls les excès d'inquisiteurs fanatiques parvinrent à anéantir.
Affaiblie par le Grand Schisme d'Occident, l'Eglise de Rome, à la
fin du Moyen Âge, s'est trouvée confrontée aux puissants
mouvements réformateurs des vaudois, des fraticelles franciscains,
des lollards et des hussites, véritables précurseurs de l'imminente
révolution protestante.