The Wire : reconstitution collective

Diffusée sur la chaîne HBO entre 2002 et 2008, The Wire (Sur Écoute
en français) est l'une des plus fascinantes et des plus originales
séries de l'histoire de la télévision. Elle commence comme
n'importe quelle série policière : une unité spéciale est créée pour
démanteler un réseau de trafiquants de drogue. Mais l'opposition
entre policiers et dealers s'efface bientôt, le spectateur s'apercevant
que l'intrigue n'est qu'un prétexte pour montrer un espace et une
population d'ordinaire invisibles à l'écran. Espaces et personnages
s'agencent peu à peu pour produire une image globale de la ville de
Baltimore et révéler des rapports d'interdépendance insoupçonnés
(sur un mode qui peut rappeler Zola, et surtout Balzac). En outre, fait
inédit à la télévision, The Wire s'articule sur un système de personnages
à géométrie variable, qui se passe de héros individuel.
Que ce soit sur un plan spatial ou narratif, la série privilégie donc les
structures et agencements collectifs au détriment des individus. Elle
porte un regard à la fois englobant et singularisé sur la société néolibérale,
pose la question de l'action individuelle et collective dans un
monde marque par un degré extrême de stratification sociale et tente
de repolitiser l'espace privatisé, aseptisé et standardisé de la télévision.
Ce livre est le premier ouvrage français consacré à The Wire. Composé
d'autant de textes que la série a eu de saisons - cinq, plus un
bonus -, il étudie celle-ci dans sa progression, afin de ne pas faire de
distinction artificielle entre la «forme» et le «fond», entre son
esthétique et ses thématiques sociales. Il fonctionne ainsi sur deux
niveaux, à la fois comme une introduction et comme une théorisation
plurielle de la série.