L'Etat royal : XIIe-XVIIIe siècles : une anthologie

Cette Anthologie n'est pas un simple recueil de textes pour servir à l'histoire
des institutions publiques. À partir d'une série de documents, traduits du latin
ou adaptés de l'ancien français et commentés (dont certains pour la première
fois), le propos des auteurs est de présenter une véritable histoire de l'État
centrée sur la problématique de la souveraineté. Il s'agit en effet d'une très
longue quête, de l'affirmation effective du pouvoir royal à la prise de conscience
et à l'expression de ce qui caractérise véritablement le pouvoir d'État.
Le choix de textes effectué tente de rendre compte de l'«esprit» de l'État
royal, de la manière dont l'État se percevait et était perçu dans l'ancienne
France. Ce qui n'est pas sans faire contraste avec les évolutions les plus
récentes. Ainsi, à l'heure ou l'État-Nation semble destiné à s'effacer, du
moins en Europe occidentale, pour faire place à d'autres formules - pas aussi
nouvelles qu'on veut bien le dire, en tout cas dans leur logique -, la vieille
dialectique du Royaume et de l'Empire retrouve toute son actualité. Ressurgit
aussi, corrélativement, la longue querelle française du centre et de la périphérie,
de la monarchie «productrice» d'unité et des féodalités porteuses de
division.
Comment s'est formé ce que le Général de Gaulle appelait le «trésor de la
souveraineté française» ? Quelles ont été les étapes de son élaboration,
depuis ses débuts médiévaux jusqu'à son épanouissement classique et sa
confirmation révolutionnaire ? Comment s'est-il affirmé dans les grands
domaines de la vie publique qu'il a successivement concernés ? De quels
obstacles, intérieurs et extérieurs, le principe de souveraineté a-t-il dû tour à
tour triompher avant d'être unanimement accepté comme constitutif de la
Nation France ? Les textes ici réunis apportent quelques réponses. Ce sont
des répondes datées, soigneusement replacées dans leur contexte, selon les
méthodes les plus exigeantes de la critique historique et de l'analyse juridique.
Elles n'en suggèrent pas moins quelques pistes de réflexion pour le
présent.