
«J'étouffe. J'ouvre une fenêtre mais l'air reste dehors.
Je fais aller et venir ses battants, d'avant en arrière,
pour l'attirer à l'intérieur. La chaleur poisse en dedans
comme au-delà, par brassées. De la sécheresse et rien
que de la sécheresse. J'ôte mon pull à grosses mailles.
Mais c'est pire. L'air chaud vient se coller directement
sur ma peau. J'y mets de l'eau froide, à même le
robinet, les coudes enfoncés dans la cuvette. L'eau
s'évapore immédiatement. Celle qui sort de mes
pores la fait fuir. Je n'ai pas le choix. J'ôte ma peau.
Le plus dur c'est de se lancer.»
J'air ne se raconte pas, ne se résume pas en quelques
lignes. Ce roman dérangeant et envoûtant prend le
lecteur en otage pour le mener là où la folie l'emporte
sur la réalité. Écrit à la lame de rasoir, J'air marque la
naissance d'un écrivain. D'une voix.