Une école de violences : la cour de récréation, une interface éducative de référence

Cet ouvrage, destiné aux parents, aux enseignants et aux
institutionnels, pose l'hypothèse que le système éducatif est une
école de violences. Afin de vérifier cette proposition, qui peut
sembler iconoclaste, nous nous interrogeons sur la formation de la
violence au sein des établissements scolaires. Nous portons notre
attention sur des violences non signalées, plus particulièrement
dans la cour de récréation qui devient, dans ce contexte, une
interface éducative de référence.
Une présentation de facettes de la violence scolaire et de ses
ramifications ancre l'analyse des faits non signalés de violence
dans les cours de récréation. L'objet construit, le cheminement
méthodologique et les influences de la pratique géographique
permettent d'accéder aux violences non signalées ainsi qu'aux
mécanismes de mise en oeuvre. Il est alors possible de percevoir
l'interface de référence, d'avoir des éléments de compréhension
et de voir ce qu'est l'école de violence. Par la suite nous pouvons
«mettre les pieds dedans» pour répondre à l'émergence, pour
tendre en direction de l'autonomie contrainte et de la convivance.
Au final un regard critique est porté sur nos propositions. Nous
suggérons des perspectives pour répondre à ce fléau sociétal par
l'intermédiaire d'une distanciation empathique et de la proposition
d'une théorie au sujet d'une école de violences.
L'intérêt de cette étude est de montrer que des violences sont
présentes dans les établissements scolaires sans que les adultes
conscientisent cette réalité et que leur existence entraîne des
reproductions, des expansions et une normalisation de la violence
au coeur des interfaces éducatives.