Mes Argentins de Paris

«En venant en Europe, la plupart des exilés argentins choisissaient Paris, comme
une terre de liberté. Dans les années 1970, le phénomène migratoire étant
lié à une survie immédiate, le choix de Paris s'imposait toujours parce que
la révolution de mai 68 en France avait renforcé l'énergie créatrice et rendu
nécessaire la confrontation avec d'autres talents. Même s'il est manifeste
que la situation de terreur subie laisse des traces dans toutes leurs oeuvres,
de Cortázar à Copi, en passant par Lavelli, Cozarinsky, Seguí et Saer, la réponse
n'a été le plus souvent qu'indirectement politique. J'ai voulu approfondir
les raisons de mon amitié avec trois d'entre ces créateurs exilés. Alfredo Arias,
Hector Bianciotti et Silvia Baron Supervielle, si différents entre eux, portent
tous trois un regard inaltéré sur leur enfance et c'est certainement ce qui les a
le plus rapprochés de moi.»
René de Ceccatty