Awal, n° 39. Taos Amrouche, une féministe avant l'heure ?

Ce numéro de la revue Awal s'inscrit dans le prolongement
du n° 38, consacré aux premiers écrivains algériens (Feraoun,
Mammeri, Belamri) ayant pour charge de faire connaître leur
société par le biais de la culture française. Nous avons voulu
comprendre en parallèle le rôle des femmes et les conditions
dans lesquelles s'est effectuée l'acquisition de la culture française
en focalisant l'analyse sur une période : la fin du XIX<sup>e</sup> et le
début du XX<sup>e</sup> pour saisir pleinement les conditions d'émergence
des femmes dans le champ culturel.
Fadhma Aït Mansour (enfant illégitime et convertie au catholicisme
par la force de l'histoire) et sa fille Taos Amrouche
- figures emblématiques - ont permis à Denise Brahimi, Hervé
Sanson, Jean-Pierre Faguer, Tassadit Yacine, de mettre l'accent
sur la spécificité de la trajectoire de Taos - comme femme - à se
situer dans l'espace des possibles. Cette position est aussi celle
de ses personnages (Reine ou Aména) comme le décrivent fort
bien Ada Ribstein, Zineb Ali-Benali...
Cependant la trajectoire de Taos n'est intelligible que par
rapport à l'histoire du vécu de Fadhma Aït Mansour, sa mère, et
d'Aïni, sa grand-mère.
Aicha Bouabaci, Denise Brahimi et Katie Thornton nous
conduisent à la découverte de cette mémoire de la résistance
des femmes contre des lois ancestrales iniques. Cette «formation
sur le tas» contribue à faire de ces femmes des féministes
avant l'heure même si, pour l'époque, l'égalité des sexes n'était
pas à l'ordre du jour.