Oradour-sur-Glane, 10 juin 1944 : quand je serai grand, j'aurai encore plus de souvenirs...

"On se croyait hors de la guerre". Ce témoignage d'un
survivant que rappelle Marielle Larriaga résume mieux
que de longues phrases ce qu'était la vie à Oradour-sur-Glane
avant le drame du village. La rivière coulait
paisiblement, les artisans s'activaient dans les ateliers,
on achetait des gâteaux, le dimanche, à la sortie de la
messe.
Cette vie d'hier, avant que tout s'arrête dans la
tragédie, l'auteur de ce livre bouleversant en a retrouvé
le fil, nous conduisant à Oradour à l'aube de la Belle
Epoque, nous rappelant aussi le temps plus lointain où
Corot promenait son chevalet en quête d'un reflet de
lumière sur la Glane. Page après page, elle a rassemblé
les instants de ce paisible bourg au coeur des champs
qu'un tramway, le progrès aidant, avait relié au reste du
monde. Marielle Larriaga n'a rien oublié, ni les joies, ni
les peines, ni les deuils de 1914-1918 humblement
gravés sur une plaque contre le mur de l'église.
Et puis, il y eut ce jour terrible de juin 1944, le
massacre des innocents dont la liste clôt pathétiquement
cet ouvrage, la blessure jamais cicatrisée de la mémoire
que justifie l'enfantine promesse "Quand je serai grand,
j'aurai encore plus de souvenirs..."