Trois papiers aux clous, un amour chinois

roman
Le soleil brillait. Il n'était que sept heures mais on sentait qu'il allait encore faire chaud dès dix heures ce matin. Pas un nuage ne se montrait sur le profil aigu des montagnes qui découpait le bleu intense de l'azur d'un grand coup de scie.
Ils montaient en soufflant par le petit escalier tordu que l'on avait cimenté sur le tracé de l'ancien sentier de terre qui serpentait entre les tombes au flanc de la colline. Le père portait un panier d'où dépassaient le manche du coupe-coupe et le balai niau. Il contenait des paquets de papier journal qui enveloppait quelques-unes des offrandes traditionnelles que l'on brûlerait tout à l'heure.
L'homme était maigre. Du short bleu clair sortaient deux jambes fluettes, nerveuses. Il avait les pieds nus dans des chaussures de cuir noir avachies par les trottinements quotidiens derrière le comptoir du bric-à-brac qu'il possédait et exploitait au centre de Papeete, non loin du marché.