Arctique, horizon 2000 : les peuples chasseurs et éleveurs

Y a-t-il un avenir pour les chasseurs et les éleveurs du Grand Nord ? Inuit, Sames, Indiens subarctiques, Komis, Tchouktches, Evenks, Evènes ... : pour ces 500 000 autochtones de l'Arctique, les perspectives actuelles de développement représentent des menaces de plus en plus inquiétantes. Le deuxième colloque bilatéral franco-soviétique a présenté à Paris les rapports des meilleurs experts des peuples arctiques sur l'avenir des économies de chasse - phoque, morse, ours - et d'élevage - renne, renard. Leurs points de vue, fondés sur leurs propres expériences de vie chez ces peuples, sont unanimement pessimistes pour des raisons multiples mais qui relèvent de l'implantation mal préparée et continue de l'industrie et de la multiplication des migrants qui l'accompagnent. Tous ces peuples, en effet, sont aujourd'hui minoritaires dans l'Arctique, si l'on excepte les Groenlandais, majoritaires à 80 % dans leur grande île, et les Inuits canadiens dans le Nord-Est des Territoires. La principale conclusion, valant pour la Sibérie du Nord, les Aléoutiennes, le Nord canadien, le Groenland et la Laponie est qu'il ne peut y avoir d'autonomie et d'avenir pour les peuples traditionnels arctiques, s'ils ne parviennent à mettre en place une organisation d'une économie régionale spécifique reposant sur un système de prix artificiels, ouverte aux industries modernes avec des cadres supérieurs formés à cette fin. Le colloque dresse un sévère bilan des poliques suivies par les gouvernements responsables.