La Corse de Lucien Peri : peintre paysagiste de l'école d'Ajaccio, 1880-1948 : exposition au Lazaret Ollandini, 6 décembre 2007-2 février 2008

Voici, au Lazaret Ollandini, la deuxième exposition consacrée à un peintre de l'École d'Ajaccio après Léon Charles Canniccioni l'an passé, Lucien Péri est présenté aujourd'hui.
Ces deux grands artistes ont de nombreux points en commun, notamment d'avoir accompli une longue carrière et connu le succès en France et à l'étranger et, bien sûr d'avoir peint avec originalité la Corse qu'ils aimaient plus que tout. Il existe aussi d'autres points communs entre ces deux grandes figures de l'art corse, par exemple la durée de leur présence au meilleur niveau et la consécration officielle qu'ils ont recueillie dans les Sociétés d'artistes auxquelles ils appartenaient Canniccioni à la Société des Artistes français et Peri à la Société Nationale des Beaux-Arts. Ils ont chacun une forte personnalité et, si leur peinture et leur sensibilité artistique diffèrent sur quelques points, on peut dire qu'ils se complètent avec bonheur.
L'ensemble des oeuvres rassemblées montre la démarche technique de Lucien Peri : dessins, pochades, aquarelles et huiles de différentes tailles et formats, de toutes ses périodes d'activité, montrent son évolution picturale Devant ces pièces (de quelques centimètres carrés ou de moyens et grands formats) on éprouve un sentiment d'admiration du travail accompli. De là, transparait le sens extraordinaire de la composition qui constitue un des traits de la peinture de Lucien Peri. De cet ensemble émerge aussi cette vision de transparence et de clarté obtenue par ces coups de brosses rapides dans une matière colorée dont Lucien Peri a le secret En fait, tout concourt dans son oeuvre peint à provoquer chez le spectateur un sentiment de pure beauté.
Aucun artiste n'a su montrer mieux que lui, par la transparence de ses aquarelles et la finesse de ses huiles, la mer ses golfes et ses promontoires, les montagnes et collines de Corse avec leurs variantes dans les couleurs vertes, bleues, violettes. Peri illustre à merveille « l'heure viotette » du crépuscule sur les montagnes aux sommets parfois enneigés, après les belles journées d'hiver, cette atmosphère et cette couleur si difficiles à saisir et, pour équilibrer la composition, un motif avec des tons clairs dans cette synthèse de la nature qu'il nous présente régulièrement, alliant harmonieusement eau, ciel et terre. Pendant plus de vingt ans, la peinture de Lucien Peri a été en vogue à Paris et en Corse et cet artiste a été ainsi un ambassadeur remarqué de l'Ile de Beauté, y compris au-delà des frontières nationales.
Le présent ouvrage évoque Lucien Peri avec des éléments de biographie décrivant sa vie d'homme si attachant et d'artiste si séduisant. Il présente également la manière dont les artistes de l'École d'Ajaccio mais aussi les artistes bastiais et ceux installés à Paris, Marseille et en Afrique du Nord ont peint la Corse à la même période et donne un éclairage sur l'art de son temps.
Enfin, on y trouve de précieuses informations sur celui qui faisait l'unanimité par ses qualités. Homme ouvert, franc, toujours de bonne humeur convivial, il était aussi affectueux, sensible, attentif, partageant volontiers les bons moments avec ses amis et sa famille. Lui qui, après son installation à Paris, parlait toujours de la Corse avec fierté et un soupçon de nostalgie et qui a transposé dans sa peinture sa sensibilité pour créer une oeuvre qui a dépassé son époque et rejoint l'approche des grands paysagistes de cette première moitié du XX<sup>e</sup> siècle en France.