Il ne faut regarder que l'amour

Lorsque, à propos de ce livre, certains me confiaient, narquois ou suspicieux : «Ah ! vous écrivez sur la mort de votre père !», je ne parvenais pas à répondre. C'était cela et aussi son contraire. J'aurais pu tout aussi bien dire : «J'écris sur un coup de foudre, sur un arbre déraciné, sur une parcelle de cette lumière impénétrable.»
Puis, au long de l'écriture, je suis tombée par hasard sur une phrase dans un récent roman : «Toutes les femmes ont un père : cela veut dire que toutes les femmes sont condamnées au malheur.»
Je déteste ces généralités qui sclérosent les âmes à la va-vite d'une mode, mais une fois de plus, le Hasard apportait une raison de Vie à ce livre.
Au moment où ce récit prend forme, le père de ma fille, mon compagnon, vient de tomber gravement malade, ce livre a peut-être été écrit pour elle et pour lui.
Je dis que certaines femmes, grâce à leur père, sont portées au bonheur.