Imaginaire et écriture de la mort dans l'oeuvre de Marcel Proust

Ce projet part en quête des images qui ont pour vocation, chez
Proust, de dire la mort. En étudiant tout d'abord le rapport de
l'écriture aux topoi , puis en tentant d'établir une définition
conceptuelle et dogmatique de la mort, en s'attachant enfin aux
images funestes ayant trait aux trois règnes, l'auteur montre
comment Proust procède entre innovation et imitation. L'analyse
évalue la manière dont le discours sur la mort coïncide ou non
avec sa mise en oeuvre dans les images et met au jour le pouvoir de
libération des métaphores macabres. Les feuillages jaunis des chevelures,
les visages rougis ou blets du «Bal de têtes» en font un
jardin d'hiver. La bête étrange qui agite le corps de la grand-mère,
les oiseaux au-dessus de la tête d'Albertine, les cocons humains de
la dernière matinée, transforment le texte proustien en une arche
étrange. Les pantins grotesques, les gisants immobiles, les statues
effritées peuplent un roman de la réification et de la pétrification.
Ce cortège d'images met en évidence la double conviction proustienne
selon laquelle la mort est éminemment positive et fragmentaire.