Portraits de guerre : le pays de Retz à l'heure allemande

À l'automne 44 se forme la poche de Saint-Nazaire. Le
pays de Retz est coupé en deux : au-delà du no man's
land et des lignes FFI, c'est la France libérée, mais en deçà,
guerre et occupation vont durer neuf mois de plus.
Pornic vient d'échapper au massacre de masse. Entre
Port-Saint-Père et La Montagne s'étire une longue colonne
de Osttruppen sur le chemin de la reddition. Le marais de Vue
et la Prée de Tenue résonnent bientôt des échos d'une guerre
inexpiable entre les hommes du Chouan ou de Lagardère et
les Allemands aux abois mais jamais résignés. Les soldats des
deux camps vont tomber pour La Sicaudais, Chauvé, le Grand
Moulin de la cote 40...
Les paysans vaquent aux champs entre obus et tirs croisés.
Malgré les interdits et les privations, chacun s'efforce
d'user les jours sans baisser le front : l'éclusier de Buzay, le
mécano et le meunier de Pornic, les filles de la Croix-Rouge,
et même les gamins en galoches.
Ce dernier réduit oublié du continent européen attendra
le 11 mai 1945 pour en finir avec l'heure allemande.