La quête de libération politique au Cameroun, 1884-1984

Le cheminement difficile du Cameroun vers la libération politique, tel est l'objet
de cet essai. Il s'amorce en 1884 par la Conférence de Berlin et se referme en 1984,
date marquant la fin du premier régime politique du Cameroun indépendant.
L'auteur rend compte des phases décisives du processus de libération politique
au Cameroun. S'appuyant sur des faits, et souvent grâce à une documentation
inédite, il nous amène à comprendre la logique institutionnelle, les faits sociaux et
politiques qui jalonnent l'histoire centenaire des luttes politiques au Cameroun. Il
analyse le rapport conflictuel des Camerounais avec le fait colonial. Il fait état de
leurs luttes, de leurs esquives, des sacrifices douloureux subis pour l'avènement de
leur libération politique. L'indépendance nationale du Cameroun occupe une place
centrale dans cet ouvrage. La nature et le fonctionnement du système politique
camerounais font l'objet d'une investigation détaillée, car la libération politique du
Cameroun est plus que jamais préoccupante.
Cet essai sur le processus historique de libération politique d'un pays d'Afrique
noire intervient opportunément dans une conjoncture où la «question coloniale» et
la «question noire» sont de nouveau au coeur du débat dans les milieux associatifs,
littéraires et politiques en France et en Afrique subsaharienne. L'ouvrage offre dans
ce contexte, à travers l'exemple du Cameroun, une illustration emblématique des
effets dramatiques et déstabilisants de la mise en oeuvre du projet colonial européen.
Le prix humain du refus de l'asservissement colonial au Cameroun apparaît dans cet
essai, particulièrement exorbitant sous le protectorat allemand. Il en est de même
pour l'effort de guerre consenti par le Cameroun et les Camerounais au profit de la
France libre entre 1940 et 1945. L'apparition sur l'échiquier politique camerounais
des clivages irréductibles, à la veille de l'indépendance nationale révèle ses déterminants
coloniaux ; tout comme les déchirements fratricides qui surviennent au
Cameroun à partir de l'année 1955. La promotion d'un régime répressif des libertés
après l'indépendance du Cameroun en 1960, s'est appuyée sur ce terreau propice de
divisions et de conflits entre les forces politiques locales.
En définitive, cet essai, par le recours à l'histoire institutionnelle et politique,
éclaire les tensions sociologiques et les clivages politiques qui, aujourd'hui, menacent
aussi bien la cohésion sociale des anciennes puissances coloniales, que la stabilité
des jeunes Etats indépendants d'Afrique.