Venise, faute de mieux

L'Europe musicale vit à l'heure Monteverdi. Chaque retransmission
en Eurovision est, en effet, précédée d'une fanfare qui n'est
autre que celle qui, en 1607, lança Orfeo , le premier opéra occidental
digne de ce nom. Rien qu'à ce titre, loin des analyses musicologiques,
il sembla impératif de restituer quel fut le quotidien d'un créateur
aussi essentiel que le seront Bach, Haydn, Beethoven ou Wagner...
Réaliste, le présent texte nous introduit dans une intimité agissonte,
nous fait toucher du doigt le pourquoi d'innombrables décisions
culturelles, esthétiques ou simplement humaines. On assiste, de
la sorte, au combat perpétuel de Monteverdi contre une
époque étourdie, un maître borné, des patrons indignes, mille
ragots malveillants... Devenu, malgré lui, maître de toute
musique à Venise, l'Europe entière découvrit soudain l'essor
bouleversant que le musicien proposait à la tradition européenne,
élargissement et humanisation de formules que de purs théoriciens
tendaient à pétrifier. Aussi exemplaire que celle de Beethoven
ou de Mozart, la vie de Monteverdi, racontée par lui-même (à
travers de nombreux documents) se devait de surgir, enfin,
avec toute l'éloquence qu'exige la naissance de l'Ère moderne.