Budapest, ville d'eaux

Budapest est la seule capitale qui soit aussi
une ville de bains, une ville d'eaux.
Le Danube la traverse comme la Seine
traverse Paris : en plein coeur.
Mais tout au long du fleuve s'égrènent
les sources thermales.
Ces sources sont connues depuis l'antiquité.
Les Romains qui avaient là leur province
d'Europe centrale la plus septentrionale, la
Pannonie, limitée par le Danube, n'ont bien
sûr pas manqué de les utiliser dans leur ville
d'Aquincum, fondée sous Trajan au premier
siècle. On en visite les superbes vestiges
aujourd'hui.
Au fil du temps, les sources ont été mises en valeur pour leur vertu curative
comme pour leur agrément, sources plus chaudes ici, plus froides là.
Les Turcs, autres amateurs d'eaux, ont occupé Budapest pendant un siècle
et demi, entre 1526 et 1686, et ont bâti à leur tour de nombreux bains.
Plusieurs sont encore en usage et sont devenus les lieux «branchés»
de la ville.
L'engouement du XIX<sup>e</sup> siècle pour les thermes, quand on «allait aux eaux»,
a conduit non seulement à la mise en valeur des bains existants
(les Bains Gellért), mais aussi à la découverte de nouvelles sources sur l'île
Marguerite (Margitsziget), au Bois de la Ville (Városliget), ainsi qu'à la
construction de superbes complexes balnéaires.
Les succès rarement démentis des équipes hongroises de water-polo aux
championnats du monde comme aux jeux Olympiques témoignent de cette
culture de l'eau.
Aujourd'hui, les bains de Budapest sont ardemment fréquentés par
les citadins comme par les visiteurs. Pour les cures, pour le plaisir,
pour le sport, pour des soirées musicales et dansantes jusqu'à l'aube...