L'activité marchande sans le marché ? : actes du colloque de Cerisy, juin 2008

Longtemps «le marché» a été le lieu public et visible des
activités marchandes. Mais avec le développement du
commerce, il devint invisible et abstrait. Se forme alors
une grande confusion moderne : où le marché est pensé à la
fois comme un équilibre naturel et comme un idéal utopique
des échanges.
Ce livre, issu d'un colloque de Cerisy, invite à rejeter les équivoques
et les mythologies du «marché» car elles masquent la
réalité et les mutations des activités marchandes. Explorations
toujours incertaines du désir et du social, ces activités n'ont
pas de «loi naturelle» et ne peuvent s'autoréguler. Elles ne survivent
que par l'exercice de compétences et de techniques et
grâce à l'intervention de prescripteurs et de pouvoirs adaptés.
L'extension surprenante du commerce tient donc avant tout au
travail d'étayage que les sociétés modernes ont apporté aux
activités marchandes. Et, ce travail est aujourd'hui d'autant plus
nécessaire que les révolutions techniques de l'information et du
commerce sur la Toile, celles des services et du développement
durable, bouleversent les logiques classiques de la valeur, de la
transparence et de la confiance.
La crise économique récente a apporté une démonstration
indéniable à ces propositions. Et cet ouvrage montre comment,
hors des équivoques de la notion de marché, les chercheurs de
plusieurs disciplines (Économie, Gestion, Histoire, Sociologie...)
étudient désormais les instruments et les dispositifs réels des
activités marchandes, seule garantie scientifique pour soutenir
leur développement ou déjouer leurs crises.