Main basse sur Alger : enquête sur un pillage, juillet 1830

Pour venger le coup d'éventail donné par le dey d'Alger au consul
de France, la France occupa Alger, le 5 juillet 1830, et en chassa le
dey... Cette vérité s'inscrit toujours sur les tableaux noirs et dans les
livres scolaires.
Et si cette conquête avait été menée dans le but de faire main
basse sur les immenses trésors de la Régence d'Alger afin de constituer
les fonds secrets de Charles X pour corrompre et retourner le
corps électoral ?
Difficile d'expliquer au bon peuple que les défenseurs de la
Chrétienté, censés être venus à Alger punir les pirates barbaresques,
s'étaient livrés à un pillage éhonté. Tout a donc été fait pour que ce
scandale fût étouffé.
Après une longue enquête, Pierre Péan a retrouvé les traces très
embrouillées de l'or découvert dans les caves de la Kasbah, où
étaient entassés pêle-mêle des monceaux de quadruples d'Espagne
et du Portugal, des mocos, des piastres fortes d'Espagne, des
boudjous d'Alger et d'autres monnaies : un butin chiffré à plus de
500 millions de francs de l'époque (l'équivalent de 4 milliards d'euros).
Où sont passées ces sommes colossales ? Louis-Philippe, la
duchesse de Berry, des militaires, des banquiers et des industriels,
comme les Seillière et les Schneider, ont profité de cette manne.
Le développement de la sidérurgie française doit ainsi beaucoup à
l'or d'Alger...
Dans cette chasse à la vérité, Pierre Péan fait revivre de grands
aventuriers, donnant une place particulière à Jean-Baptiste Flandin,
qui s'est battu pour dénoncer les pilleurs, ainsi qu'au maréchal de
Bourmont, authentique maître d'oeuvre de toute cette aventure.