Les affections sociales

En se penchant sur les affections sociales, le présent ouvrage
entend d'abord éviter l'écueil que constituent ces deux abstractions
trop commodes que sont «l'individu» et «la société»,
indûment considérées comme des instances premières, des
principes à partir desquels la réalité humaine et sociale devrait
être pensée. En dehors des relations qui leur donnent sens et
pertinence, les termes ne sont rien ; c'est pourquoi les textes
présentés ici partent tous des affections, de leur milieu, de leur
épaisseur et de leur opacité, pour envisager leur déploiement
dans la société, l'État ou encore les esprits des individus. Il
s'agit donc de partir de la relation - les affections sociales étant
de pures relations - pour déterminer concrètement les termes
qu'elles relient, et retrouver, éventuellement, l'individu et la
société, dans leur teneur concrète.
Le parcours proposé, de Platon aux doctrines actuelles du
care , montre, derrière la richesse et la variété offertes par
chaque figure philosophique abordée, l'unité d'un problème
crucial, savoir celui qui noue le devenir de la psyché individuelle
aux affections qui traversent et construisent le corps
social.