La juridictionnalisation de l'enquête pénale : actes du colloque organisé le 30 avril 2014

Le bon déroulement de l'enquête pénale doit-il faire l'objet d'un contrôle par un juge ?
Cette question se pose avec d'autant plus d'acuité que les pouvoirs des enquêteurs,
placés sous l'autorité du Ministère public, n'ont cessé de se renforcer au cours des
dernières années (développement des régimes spéciaux d'enquête, introduction de la
contrainte dans l'enquête préliminaire, etc.) tandis que, dans le même temps, la phase
policière - étape essentielle des poursuites - ignore encore le principe du contradictoire,
tout comme l'accès au dossier ou la possibilité de contester tel ou tel acte.
Or, face à la puissance du procureur-enquêteur, autorité non juridictionnelle, force est
de reconnaître que la phase d'enquête se résume aujourd'hui à un triptyque : nulle
instance, nulles parties et nulle juridiction ; au point de créer un véritable déséquilibre
entre les deux piliers de la procédure pénale que sont le respect des droits fondamentaux
et l'efficacité de la répression contre les atteintes à la société ou à l'État.
Tirant du droit de l'Union européenne (F.-X. Roux-Demare), de la jurisprudence de la
CEDH (É. Bonis-Garçon) et du Conseil constitutionnel (A. Botton), les principes d'une
future réforme de la procédure, cet ouvrage traite d'abord des sources de la juridictionnalisation
de l'enquête pénale, avant d'aborder, dans un deuxième temps, les
modalités que celle-ci pourrait recouvrir : quelle serait l'étendue de cette juridictionnalisation
(H. Matsopoulou) ? Quel juge serait en charge de l'enquête (P. Le Monnier
de Gouville) ? Quelle place occuperait alors le suspect (Y. Capdepon) ? Comment
s'articuleraient, en théorie, les rapports entre suspect, Parquet et «juge de
l'enquête» (C. Mathon) ? Enfin, dans une troisième partie, donnant la parole aux
magistrats, l'ouvrage s'ouvre sur la pratique, celle de la chambre de l'instruction
(P. Vallée) et celle du Parquet (P. Camberou - F. Chevallier). La conclusion des
travaux est assurée par M. le Professeur J.-H. Robert.