Échanger, n° 70. Et la vie de classe ?

Instituées depuis six ans, les heures de vie de classe ne sont pas encore
pleinement utilisées dans tous les établissements et par tous les enseignants.
Liées à la conception de l'établissement et de la classe comme un lieu de vie,
ces heures laissent parfois désemparés des professeurs qui n'ont pas «appris»
à les animer. D'où des heures de vie de classe qui s'apparentent trop souvent
à des débats informels ou à des études dirigées.
Pourtant ces heures peuvent, doivent, être aussi des temps d'apprentissage :
apprendre à débattre (et pas seulement pratiquer la prise de parole), apprendre
à mener un projet, apprendre à participer au fonctionnement institutionnel
et pédagogique de l'établissement, apprendre, plus largement, à vivre en
collectivité.
L'heure de vie de classe institue un lieu de parole collective des élèves dans
lequel l'enseignant a toute sa place puisque ses missions ne se limitent pas
à la transmission des savoirs, mais concernent aussi l'intégration de chaque
élève dans sa classe et dans la communauté éducative de l'établissement.
Faire acquérir une vraie capacité de dire et de faire dans un espace public qui
ne soit pas une caricature de démocratie, tel est l'enjeu. En heure de vie de
classe, l'enseignant ne peut pas se départir de sa posture professionnelle :
il doit organiser ces heures pour que les élèves construisent ces savoir-faire
et ces savoir-être.
Ce numéro explore des dispositifs mis en place, essentiellement dans les
collèges, et qui vont de la mise en mots des maux quotidiens de la classe
jusqu'à la fabrication d'une progression qui tient compte de l'évolution des
élèves de la sixième à la troisième.
Ce qui survient lors des heures de vie de classe peut être inattendu, mais c'est
aussi le plus souvent fondamental.