La Martinique napoléonienne, 1802-1809 : entre ségrégation, esclavage et intégration

La signature de la paix d'Amiens en mars 1802 permet au premier
consul Bonaparte de récupérer les colonies occupées par les Britanniques
depuis 1794-1796. Cet événement marque également un revirement dans
la politique coloniale française. Le premier consul souhaite initialement
établir un nouvel empire colonial en Amérique du Nord par le biais de
la Louisiane et conserver le régime esclavagiste dans une partie de ses
colonies.
Il souhaite également rétablir l'ordre dans les colonies de Saint-Domingue
et de Guadeloupe. Mais l'expédition de Leclerc à
Saint-Domingue se solde par un échec avec l'indépendance d'Haïti,
fragilisant au passage l'économie coloniale française. La Martinique
quant à elle conserve sa société hiérarchisée, tout en acceptant d'entrer
dans l'Empire français. L'esclavage et la traite négrière ont continué à
faire fonctionner la société tropicale d'Ancien Régime. L'île fut éloignée
de la tempête révolutionnaire mais fut plongée dans le blocus britannique.
Les luttes politiques et économiques se multiplient dans la colonie
fragilisant le pouvoir français.