Voyage au Daghestan et en Transcaucasie

Ce Voyage au Daghestan et en Transcaucasie constitue le premier
tome du "Voyage en Orient" de I.N. Bérézine, qu'il a rédigé à son
retour à Kazan en 1845, d'après les notes collectées dans son journal
de voyage. Il était parti, à 23 ans, en juillet 1842, sur une mission
de fin d'études de l'Université des Langues orientales, alors située
à Kazan avant d'être transférée à Saint-Pétersbourg. Le programme
strict de ce voyage d'étude prévoyait les étapes, les séjours et les
observations, très nombreuses, que devait faire l'auteur au long d'un
périple de trois ans. Il devait traverser le Caucase et la Perse puis se
rendre en Iraq, en Palestine, en Egypte puis en Turquie. Ses observations
devaient porter sur la linguistique, la géographie, l'histoire, l'économie,
l'ethnographie des régions traversées.
L'ouvrage ici présenté concerne les premiers mois de ce voyage,
d'Astrakhan à la frontière persane. Bérézine nous donne un récit très
original pour l'époque, tableau très vivant, et très savant aussi,
des régions traversées. En dépit de ses réflexions scientifiques qui
démontrent sa très vaste culture, son style reste vif, enjoué souvent
même, et ses références discrètes aux littérateurs politiques exilés au
Caucase affirment ses goûts littéraires. Il traverse des régions alors
ravagées par la guerre de conquête que mènent les Russes contre
les "Montagnards" conduits par le "prophète-guerrier" Chamil. Par
chance, il passe en 1842, à un moment où règne un calme précaire.
Missionné officiel de l'Etat russe, il ne peut que prendre parti pour les
armées tsaristes dont il tente de justifier l'action par l'idéal européen
de pacification et d'éducation des populations.
Ce voyage, dans des régions alors rarement visitées du fait de
la guerre, est une mine de données précises et très variées collectées
par un esprit d'une rare curiosité. La multiplicité des facettes présentées
par cet ouvrage, et le nombre impressionnant de références, dont
des citations en arabe ou en persan, ont sans doute été la raison pour
laquelle aucune traduction complète n'en a jamais été faite. Cette
traduction, qui tente de respecter le style et l'orthographe de l'époque,
a été l'oeuvre d'une très longue haleine.
Le second tome de ce voyage, en préparation, traite de la Perse
du Nord et s'arrête sur une longue description de Téhéran, de
l'administration persane et de la cour du Chah. Pris, dès son retour,
par ses responsabilités universitaires à Kazan puis Saint-Pétersbourg,
Bérézine ne pourra plus poursuivre la publication de son voyage
sous forme d'ouvrage. Il le fera dans de très nombreux articles parus
dans des revues russes.