Mes favoris

Chaque jour, des milliers de blogs sont créés et des
vidéos déposées sur des sites communautaires. Critiquées
pour leur mode d'expression peu soutenue, ces pratiques
sont aussi stigmatisées pour être le vecteur d'opérations
réprimandables comme le téléchargement. Pour autant,
elles sont aussi la partie visible d'une «culture jeune»
qui a pris possession du réseau pour revendiquer son
autonomie relationnelle.
Il semblait donc nécessaire d'être le témoin de
ces effets produits par le désir d'émancipation d'une
génération née au début des années 1980 et qui depuis
le milieu des années 1990 s'engage dans des conduites
autoscopiques et autobiographiques, puisant sans
complexe dans le répertoire des données culturelles de
leurs parents et de leurs grands-parents.
Mes favoris est un essai d'esthétique. Il rend compte
d'une réflexion qui avance masquée et qui est sans cesse
travaillée par les questions suivantes : qu'en est-il du
jugement esthétique face à la déferlante de sons, d'images
et de textes produits dans cette cacophonie déconcertante
qu'est le Web ? Qu'advient-il du principe d' artialisation
in visu face au débordement des productions amateurs ?
En quoi le principe de charité , c'est-à-dire l'art de faire
crédit, devient-il une disposition particulière qui permet
de se soustraire aux exigences normatives des systèmes
de pensée déjà établis ?