L'enchaîné : jeu théâtral du Moyen Age arménien

La ville fortifiée d'Ani, bien que souvent conquise, illustre le
prestige et la gloire de l'Arménie médiévale. Au XII<sup>e</sup> siècle, la
ville «aux mille églises» se trouve sous domination musulmane,
gouvernée par un prince arménien. Face à une pression fiscale
grandissante, un soulèvement des notables et des artisans
entraîne la chute de l'émir. Le prince gouverneur fait appel aux
troupes du roi géorgien voisin pour écraser l'insurrection.
L'Histoire n'est ici qu'un prétexte pour construire une
problématique universelle, dans laquelle les sources historiques
de diverses époques et les éléments mythiques se superposent
pour faire surgir une dimension nouvelle. L'auteur ne choisit pas
entre le bien et le mal, mais propose à chacun de «tuer d'abord
le tyran qui règne au fond de lui-même». La figure ambiguë
d'Artavazd incarne à la fois la révolte enchaînée, la force,
promesse de cataclysme, et un idéal toujours différé.