Les temps maudits : poèmes, 1914-1918

La lecture du recueil de poèmes écrit par Marcel Martinet entre
1914 et 1915 et qu'il complète ensuite au moment de l'armistice est
une réponse à cette question.
Non tous les Français, tous les Allemands, toutes celles et tous ceux
des nations entraînées dans la grande boucherie ne chantaient pas
au son du canon, joyeux d'aller tuer «l'ennemi» ou se faire tuer dans
la boue des tranchées.
Les poèmes de Martinet sont, avec les écrits de ses amis Romain
Rolland ou Henri Barbusse, les témoins du désespoir de ceux qui
oeuvraient à la fraternité des peuples.
Contre la censure, la désinformation, le renoncement à croire en
l'humanité, Les temps maudits sonnent, comme un chant de fraternité
dénonçant l'horreur de la guerre.
Dès l'année 1915, en Suisse d'abord où paraît leur première édition,
puis en France, en Allemagne, en Angleterre, dans toute l'Europe en
guerre, les poèmes sont lus par delà le fossé des nationalités.
Cent ans après l'assassinat de Jaurès - qui militait lui aussi pour l'entente
entre les peuples - et le déferlement d'un degré de violence encore
jamais atteint, la lecture de Marcel Martinet peut être salutaire
pour penser et agir contre les tentations nationalistes et guerrières.