Faut-il brûler les humanités et les sciences humaines et sociales ?

Faut-il brûler les humanités et les Sciences humaines et
sociales ?... Cette formule n'est pas pure provocation.
Confronté à l'emprise croissante de l'idéologie «économiste»
sur nos sociétés - logique comptable, court-termisme,
régime managérial -, notre environnement institutionnel
(LMD, LRU, injonction à la professionnalisation, etc.)
modèle nos paradigmes (l'essor des cultural studies ) et
en définitive, dissout progressivement ce qui fonde nos
disciplines. Des disciplines sont sciemment sabotées comme
les études helléniques et latines, la philosophie ; d'autres
sont en train de disparaître sous nos yeux : l'onomastique
romane, la philologie, l'étude des mythes... ; d'autres
encore, comme celles de l'apprentissage des langues ayant
peu de locuteurs, ont déjà fermé dans nombre d'universités.
L'état des lieux présenté ici est accablant et devrait alarmer
au-delà du petit monde universitaire. Pour autant, ce livre
propose aussi un certain nombre de pistes susceptibles de
freiner, voire d'endiguer cette résistible menace pesant sur
les disciplines du sens. C'est en répondant à ce défi que nos
sociétés pourront continuer à dessiner la carte des possibles.